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LE SALON IDEAL A LA MAISON ROSE J 1

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AU COMMENCEMENT ETAIT MARIEM

 

Au commencement était Mariem

En février 2017, j’ai rencontré Mariem à la Maison Rose. Une adolescente murée dans des silences qui hurlaient je ne sais quelle indicible douleur . Elle était enceinte de cinq mois et m’avait chanté en wolof la tragédie des enfants des rues. C’est Mariem qui m’a donné envie d’amener le Salon idéal à la Maison Rose. Lorsque j’ai fait part ce jour là, à la douzaine de jeunes filles alors présentes, de ce désir un peu fou de revenir partager avec elles des moments de musique, Mariem m’a regardée sans sourire et a simplement laissé tomber ces mots : « Ca nous ferait un très grand bonheur.» Alors j’ai promis. Promis de revenir avec mes amis géniaux et généreux du Salon idéal. Promis sans avoir la moindre idée de la manière dont nous financerions ce voyage. Mais une promesse est une promesse et, finalement, nous sommes là...

A la Maison Rose, les filles viennent poser leurs valises, se ressourcer, partir à la découverte d’elles-même et apprendre à aimer ces enfants trop souvent nés de viols ou de clients inconnus. Elles restent aussi peu ou aussi longtemps qu’elles le souhaitent. Je ne savais donc pas si nous allions retrouver Mariem mais je l’espérais tellement!

Mariem était là, nous nous sommes tout de suite reconnues. Quel changement pourtant! Mariem parle, Mariem sourit, Mariem berce sa petite Mona de deux mois. Mona comme Mona Chasserio qui a fondé la Maison Rose, havre de paix au coeur du plus misérable des quartiers de Dakar.

Nous nous installons sur le toit de la Maison Rose. Il fait chaud mais il y a un peu d’air. Les rumeurs du quartier montent jusqu’à nous mais, très vite, chacun tend l’oreille à la musique. Il y a là de très jeunes femmes, les petits garçons du foyer voisin, des bébés, des petites filles et aussi irina, Marion, Pierre-François et Matteo. Gwendal et Louis arriveront demain.

Nous sommes là pour écouter. Ecouter les chants qu’on voudra bien partager avec nous. Profiter de ces moments pour faire connaissance, nous présenter, proposer des morceaux dont chacun sera libre de s’emparer ou non.

Mariem est la première à chanter. Elle reprend «Enfant des rues» et, l’espace d’un instant,  son regard retrouve la noirceur de ce jour de février. Mais Matteo et Pierre-François lui demandent de reprendre son chant et, cette fois, l’accompagnent, la soutiennent. Le chant de Mariem devient celui de tous et le sourire revient.

Fatou chantera à son tour, un chant poignant qui parle de paix en Casamance, sa terre natale. Chacune puis chacun apporte son chant en offrande entre les morceaux proposés par Irina, Marion, Matteo et Pierre-François. Les barrière tombent, les mains battent en mesure, les tout-petits dansent, un djembé apparait entre les mains d’Awa. La glace est rompue, d’ailleurs nous mourons de chaud. Et de faim! Nous proposons une trêve!

Après le déjeuner, nous retrouvons sur la terrasse Mariem, Fatou, Awa et Ana. Nos volontaires pour travailler en petit groupe avant de retrouver les autres. Mais entre temps les petits sont rentrés de l’école et se sont invités. Alors nous nous adaptons et l’après-midi s’écoule doucement autour de ce qui nous réunit tous et toutes, nous les mères du Salon Idéal, elles les si jeunes mamans de la Maison Rose, eux les  petits qui s’approprient avec tant d’aisance chaque proposition musicale : les berceuses. Les leurs, les nôtres, celle de Brahms comme celle que Pierre-François a appris de sa compagne chilienne...
Duke Ellington pour se dire au revoir et à demain.  Louis et Gwendal arrivent en même temps que nous à la maison. Demain ils seront avec nous. C’est bientôt le soir et cela fait tout juste 24 heures que nous sommes ici. Une journée qui en vaut dix. Gracias a la vida.



 

 

 

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