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J 3 : Le Salon Idéal à la Maison Rose

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Un dimanche en famille

 

C’est jour de lessive à la Maison Rose! Dans le patio, les femmes sont penchées au dessus des bassines ou trempent draps et habits minuscules. Elles discutent, s’éclaboussent. Les enfants jouent dans les flaques et se rafraichissent.
Nous sommes un peu gênés d’arriver au beau milieu de ce moment d’intimité mais, de nouveau, nous sommes accueillis avec chaleur et simplicité. Notre présence ici est devenue naturelle.

Sur le toit, des jeunes filles cuisinent des plats du dimanche aux parfums délicieux. En ce dimanche matin, la Maison Rose a la douceur nonchalante d’une journée de vacances en famille.
Ce sera pourtant la plus studieuse de nos matinées depuis notre arrivée à Dakar! Mais nous savons depuis le premier jour que rien n’est vraiment prévisible ici tant nous nous adaptons sans cesse les uns aux autres, saisissant au vol l’air de l’instant comme la proposition d’une danse improvisée ou d’un nouveau morceau à partager.

Nos nouvelles amies, comme chaque jour, prennent de nos nouvelles. Avons nous passé une bonne nuit? Comment allons nous?
Une autre question, inquiète, revient beaucoup depuis hier : « Quand repartez vous?»Aucun de nous ne veut déjà penser au départ qui, nous le savons, sera un déchirement. Nous nous efforçons de vivre intensément chaque moment passé ici avec elles, nous voulons leur donner du bonheur, semer des graines de beauté pour qu’elles n’oublient jamais que celle-ci fait aussi partie de ce monde. Et puis rire avec elles, apprendre ce qu’elles ont à nous transmettre de courage, d’humanité, de sens du partage...La richesse de ce qui circule entre nous va bien au delà de ce que nous avions imaginé. Alors songer déjà au départ... Impossible et trop douloureux! Il y a simplement urgence à vivre pleinement chaque seconde.

Les mamans étant occupées, nous nous installons sur la terrasse avec les enfants. Ils viennent d’eux-mêmes, attirés par la musique. Louis les réunit autour de son violoncelle. Il joue un prélude de Bach avec le même engagement que s’il était devant le public averti d’une salle de concert. Les petites mains se posent sur le ventre de l’instrument pour en ressentir les vibrations. Les enfants sont subjugués. Qui veut essayer? Les volontaires s’appliquent à bien placer la main sur l’archet. les premières cordes à vide résonnent, accompagnées par Gwendal qui improvise au piano. Quelle fierté!

Mariem s’est glissée près de moi. Etonnant comme nous sommes devenues proches. Elle me désigne son bébé et me dit : « Je l’aime malgré tout» Ce malgré tout est terrible. Elle pleure. Je l’entraîne vers Louis et, aussitôt, plus rien ne compte que l’application qu’elle met à chercher la juste position de l’archet sur les cordes. Le sourire de Mariem, le pouvoir de la musique...

Matteo a sorti la clarinette basse et enseigne à des enfants à peine plus hauts que l’instrument à souffler dans l’embouchure. A défaut d’être parfaits, certains sons sont impressionnants!

Gwendal met ensuite en place un atelier de piano. Au rythme où ses nouveaux élèves apprennent, le clavier que nous avons apporté et que nous laisserons derrière nous ne restera pas muet. Fatou montre de nouveau de belles dispositions. Comme Gwendal admire la position de sa main sur le clavier, elle lui avoue avoir beaucoup observé de vidéos de pianistes sur Youtube!

La lessive est terminée, le linge sèche à l’autre bout de la terrasse. Les femmes nous rejoignent, s’assoient près de nous comme elles se poseraient dans le salon de leur maison. Elles amènent les bébés, toujours aussi sages! Nous aurions beaucoup à apprendre de leur manière de les élever.

Louis et Gwendal jouent le troisième mouvement de la Sonate de Rachmaninov. Les notes d’un compositeur russe, mort depuis bien longtemps dans un pays très froid, vibrent dans l’air brûlant d’un quartier d’Afrique de l’Ouest! Magie de l’instant!

Irina a fini de cajoler les bébés, Marion de prêter son cahier à des petites filles qui y écrivent leur prénom. Elles redeviennent toutes deux chanteuses. Pierre-François, Matteo et Awa, fidèle au poste et qui ne lâche jamais son djembé, se joignent à un atelier jazz fascinant. Des voix et des personnalités se révèlent, de beaux talents aussi. Moment d’échange et de joie qui s’achève par l’enrôlement à peine forcé d’Irina pour danser avec Ana et deux autres jeunes filles la danse endiablée qui nous avait déjà été offerte hier, avec une Awa implacable pour donner le tempo! Incroyable Irina qui déchaîne l’enthousiasme. Irina, si tu me lis, donne-nous l’autorisation de publier les images!

Namina, dix ans, retravaille avec Gwendal une chanson de bienvenue que nous pensons intégrer au concert . Sa voix et son charisme sont déjà impressionnants. Namina s’est essayée ce matin à la clarinette et au piano, elle ne nous quitte pas d’une semelle depuis trois jours et saisit tout ce qu’il y a à apprendre de notre présence ici. Nous nous quittons sur le désormais rituel «Ne pars pas mon ami» dont nous connaissons à présent les paroles en wolof. Tout le monde chante, même les tout petits.

Nous nous faisons violence pour partir et pour nous offrir cette demi-journée de pause dont nous avons grandement besoin. Dans le mini bus, nous lisons à tour de rôle quelques poèmes de Jacques Prévert dont certains font étrangement écho à ce que nous vivons ici. Nous passons le reste de la journée puis de la soirée à parler de ce que nous sommes en train de vivre et à chercher comment pérenniser ces moments. Pour la première fois, nous n’avons même pas envie de dîner dehors. Nous sommes bien entre nous et Matteo nous a cuisiné des pâtes comme aux premières heures du Salon idéal, il y a trois ans. Nous sommes d’accord pour dire que, de toutes les expériences que nous avons vécues depuis, cette semaine sénégalaise est la plus extraordinaire de toutes, la plus proche aussi de l’esprit dans lequel nous avons fondé ce salon de musique.


Il me semble que La Maison Rose scelle entre nous quelque chose de bien plus fort encore que l’amitié qui nous unissait déjà. Gracias a la vida!

 

Témoignage d'Irina:

 

Day 3 at the Maison Rose: We seem to have officially found our place amongst this family of powerful individuals. We arrived in the morning and were greeted by the smiling faces of the "older" women doing laundry as is apparently the custom on Sundays. There they were, some of them with two days to go before their due date, bent over a washing board, cleaning a weeks worth of clothing for dozens of people. As they were clearly occupied, we took the opportunity to occupy the children and review some of the songs we had taught them and give those who wanted, time to try the bass clarinet, piano, and cello. Each day has had it's own energy but today had the feel of a typical Sunday, only this time with my new family and 36°C!
As it was soon lunch followed by nap tine for the children, we decided to take the afternoon to explore and went to the Pink lake where there are huge dunes of salt being fabricated. I am beginning to get my bearings and starting to feel more and more comfortable and at ease with the huge cultural differences I see all around me. I am especially grateful for my travelling companions and colleagues for their incredible spirits and ease with which we travel together as one. Tomorow we will be spending a full day at the Maison Rose as our first concert is Tuesday! Time is flying by!!

 

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